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| Aperçu historique |
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La distinction entre nom et prénom ne s’impose pas avant le Moyen Age. Les Grecs, comme plus tard les Gaulois ne portent qu’un nom. Les Hébreux, en revanche, utilisent jusqu’à trois noms pour désigner leurs nouveaux nés. C’est au Moyen Age que l’enfant se voit attribuer un nom de baptême, devenu obligatoire, et assez vite un surnom pour éviter les confusions. Souvent dû à une caractéristique physique, une origine géographique, un lien de parenté ou un métier, ce surnon deviendra ensuite le nom de famille ou nom patronymique. Au XIVème siècle, la pratique du prénom multiple apparaît à Florence. Elle permet d’enrichir le répertoire des prénoms donnés, mais sa diffusion géographique et sociale sera lente, cette pratique ne se généralisant vraiment en France qu’au XIXème siècle. Si l’éventail des prénoms est assez large chez les Hébreux, où il découle des circonstances de la naissance de l’enfant, d’une particularité physique ou des espoirs que l’on place en lui, il ne dépasse, en revanche, pas la vingtaine chez les Romains, où il est transmis de père en fils, ce qui ne favorise pas les évolutions. A partir du Moyen Age et jusqu’au XVIIIème siècle, on prénomme l’enfant en le plaçant sous le patronnage d’un saint. La tradition voulant que le nouveau né porte les prénoms de ses parrains et marraines ou grand parents, le corpus des prénoms usuels ne connaît, durant cette période, pas d’enrichissements majeurs. Du XVIème siècle au début du XVIIIème, le palmarès des prénoms les plus donnés varie peu. On trouve chez les garçons Jean, Nicolas et Pierre et se sont Catherine, Jeanne et Marie qui reviennent chez les filles. Rejettant les valeurs de l’Eglise et avec elles les saints patrons, la Révolution apporte un souffle nouveau dans ce domaine. Le prénom se laïcise et les sources d’inspiration se multiplient. Les prénoms se réfèrent alors à des hommes illustres contemporains ou de l’époque antique, à des événements historiques ou à la nature. Les Margueritte ou les Rose sont alors nombreuses, tandis que l’on trouve du côté des garçons Yves (if) ou encore Sylvestre et Sylvain (forêt). Dans un registre moins champêtre, apparaissent également des prénoms se référant au domaine de la guerre, comme Harold (puissant, armé) ou Armand (fort, armé)… Au XIXème, les prénoms régionaux et historiques se répandent et viennent augmenter le stock des prénoms usuels. C’est également au XIXème que l’attribution d’un deuxième et un troisième prénom devient chose courante. Cette pratique va aussi favoriser l’innovation. Toutefois, les nouveautés sont et restent encore de nos jours plus nombreuses parmi les prénoms féminins. C’est du côté des filles qu’on innove car elles ne possèdent pas la terre et ne transmettent pas le nom patronymique. Il convient également de noter une tendance parallèle et inverse dans ce domaine, qui a marqué pendant longtemps la culture judéo-chrétienne qui, en raison de son caractère patriarcale, a eu tendance à faire dériver les prénoms féminins à partir de prénoms masculins. De nos jours, on trouve encore de nombreux prénoms féminins qui découlent de dérivations de ce type: Patrice-Patricia, Stéphane-Stéphanie, Joseph-Joséphine, Alexandre-Alexandra… La liste est longue. Actuellement, la tendance
est au mélange des cultures. Les prénoms à sonorité internationale
cotoient leurs cousins francophones et aucune règle ne préside plus
au choix d’un prénom. Mais s’il varie en fonction de la mode et des
goûts personnels, ce choix n’en demeure pas moins important, d’autant
qu’aujourd’hui l’utilisation du prénom l’emporte souvent sur celle
du nom patronymique.
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